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Benoît Denet - Octobre 2020


 Le 29 septembre, vers 11 heures du matin, cinq F-16 ont décollé de la base aérienne de Florennes pour un vol d'environ 4 heures 45 minutes. Dans le sud de la France, après un premier ravitaillement en vol, le cinquième appareil (de réserve) a fait demi-tour pour rentrer en Belgique, laissant les quatre autres poursuivre leur route vers le Moyen-Orient.

   


 L'opération Desert Falcon (ODF) impliquera un total de 125 personnes qui seront déployées avec les quatre F-16, basés à Al Azraq, en Jordanie. En plus des pilotes, des mécaniciens, du personnel opérationnel et de renseignements et  une force de protection fera partie du contingent qui s'établira dans le camp allemand de la base. En outre, quatre personnes seront déployées au Qatar pour jouer le rôle de "red Card Holder" (RCH). On notera également que le détachement a été mis en quarantaine pendant 14 jours avant le départ en Jordanie, en raison de la pandémie de la COVID-19.

     


 Sur proposition du ministre de la défense Philippe Goffin, le Conseil des ministres a décidé, le 26 juin 2020, le déploiement de quatre F-16 sur l'Irak et le nord-est de la Syrie, à partir du 1er octobre 2020, pour une période d'un an. Cet engagement intègre les objectifs du dernier déploiement datant de décembre 2017. La mission soutiendra principalement les troupes au sol, des missions de reconnaissances et des attaques de planifiées. L'engagement est basé sur une résolution de l'ONU.

 C’est par la résolution UN2249, adoptée en novembre 2015, que le Conseil de sécurité des Nations unies a conclu que l'État islamique est une menace pour la sécurité mondiale. Il a également condamné une série d'attentats perpétrés par le groupe terroriste. L'opération a été appelée "Résolution inhérente" (Operation Inherent Resolve - OIR).

 En ce qui concerne l'armement, on note pour la première fois l'utilisation de bombes ailées GBU-39 de 125 kg. Ces dernières viennent d'arriver dans l'arsenal de la FAé et peuvent planer sur de longues distances ; de plus, leur faible charge utile leur permet de détruire une cible avec un minimum de dommages collatéraux. Ces bombes, appelées SDB pour "Small Diameter Bomb", sont très utiles pour opérer en milieu urbain, comme c'est le cas dans certaines villes irakiennes et syriennes. Elles peuvent être montées par groupes de huit sur un seul avion, si nécessaire.

     

 Pour la reconnaissance, les images provenant du " Sniper pod" seront, pour la première fois, directement analysées en Belgique via une cellule spécialement activée pour cette mission. Cette cellule "Processing Exploitation Dissemination" (PED) exploitera, depuis la base de Florennes, les images générées par les nacelles des F-16. Dans le passé, des spécialistes de l'analyse d'images étaient déployés en Jordanie. Ce système préfigure l'arrivée des MQ-9 B et le travail à distance.